Réflexion sur l’amour dans le De Libero Arbitrio de Saint Augustin

Ce résumé est le fruit de notes prises sur le vif qui n’engagent pas l’auteur de la conférence.

Une des thèses de Nygren sur Augustin : conception augustinienne de la caritas doit être considérée avant tout comme faisant suite à la discussion antique au sujet du Bien suprême. Réponse nouvelle d’Augustin : Dieu est le seul Bien sprême. L’Agapè chrétienne ne serait admise par Augustin qu’au prix de sa réduction à l’Eros hellénique (égocentré).

Une oeuvre de Jeunesse d’Augustin. Augustin aurait été à un moment plus pélagien que pélage. Puis passage à une conception où Augustin comprend qu’il ne peut pas se faire sage lui-même.

Objectif de Christophe : suffisamment atteint si l’on peut montrer que l’atteinte à un amour de Dieu est problématique même quand augustin semble suivre le pélagianisme. Enjeux de l’exposé : réflexion sur l’articulation entre monde divin et monde humain. Rapport désir du bonheur / amour de Dieu.

Le LA est une théodicée : comment, à partir d’une création bonne le mal a pu surgir. Augustin : volonté humaine. Interrogation centrale du livre porte moins sur les qualités humaines qui portent l’homme vers Dieu que sur ce qui le porte au mal. Et pourtant la question est centrale. Augustin ne tient pas jusqu’au bout la thèse d’une origine temporelle du mal. Cette seule explication temporelle ne semble pas suffisante pour disculper Dieu de l’origine du mal. Il faut en plus poser l’origine subjective du mal. A certains endroits, Augustin développe l’idée que l’on peut s’en retourner à Dieu à partir du simple désir du bonheur.

Entre les deux, ni continuité totale ni rupture totale.

« Je veux être heureux »: certitude première sur laquelle Augustin fonde son argumentation. Ce qui rend l’homme heureux : le bien. Quel est ce bien qui rend l’homme heureux ? Pas d’abord Dieu mais la volonté bonne. Bien qui surpasse tous les royaumes terrestres et tous les plaisirs du corps. La volonté bonne est un bien qu’il suffit de vouloir posséder.

A ce niveau, Augustin ne se pose pas encore la question des conditions de ce vouloir. C’est encore une définition. Avoir une bonne volonté, c’est vouloir en avoir une.

Ensuite, détenir une telle volonté implique la possession des vertus cardinales. Prudence, tempérance, courage, justice. La bonne volonté, à la différence des biens extérieurs ou des honneurs etc. n’est pas susceptible d’être perdue. Voilà qui évoque la sagesse antique.

Rebondissement lorsqu’est introduite la transcendance.

Amour de la bonne volonté peut se manifester, en seconde réflexion, comme un amour de Dieu. Quand l’homme veut son bonheur selon la droiture cad selon la volonté de Dieu, c’est qu’il anifeste son amour de Dieu.

Toutes les tendances naturelles se voient réinvesties d’une qualité morale au travers de cette référence à la loi naturelle.

LA, 14,33. Distinction entre deux amours non selon l’objet mais selon la façon dont on s’y rapporte. On pourrait penser que se retrouve ici la distinction de Nygren, et l’idée d’un amour désintéressé.

Il y aurait un amour qui enfermerait l’objet, et un autre qui ouvrirait le désir humain au-delà de toute objectivation. Le second amour est décentrement

Nygren se coupe de la possibilité de penser une transfiguration de l’amour humain qui ne s’agglutine pas aux objets.

Nygren défend une conception de l’amour qui suit un mouvement d’abaissement, en opposition avec l’élévation de la caritas augustinienne. Par lui-même, l’amour divin est créateur. Il crée à partir du néant.

Ainsi définie, la notion d’agapè n’est-il pas une notion idéale sans rapport avec l’existence humaine ? C’est la question que pose Nygren. Un tel amour ne peut être humain, il ne peut donc venir que de Dieu. L’amour divin est venu du Ciel vers nous. Le sujet de l’amour chrétien n’est pas l’homme, mais Dieu lui-même.

Cette position du problème fait penser à la position de la loi morale aux actions morales chez Kant. Chez Kant aussi le sentiment du respect vient du néant que constitue en nous la loi morale.

Dans les deux cas (Nygren et Kant), l’être humain est pensé comme le canal d’une transcendance qui le porte au-delà de lui-même.

CCL : critique fondamentale adressée à Nygren : il n’applique pas à Nygren la méthode qu’il préconise. Chercher le motif par lequel une pensée devient une pensée cohérente. Augustin a tenté une articulation entre le désir humain dont la tendance est de se refermer sur soi, et l’amour divin qui s’ouvre sur une altérité. Augustin, en fait, tente de réhabiliter l’ensemble de la création dans le plan humain.

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Une réponse à “Réflexion sur l’amour dans le De Libero Arbitrio de Saint Augustin

  1. Je suis en train de lire le De Libero Arbitrio de Saint Augustin. Je vous donnerai ici ma compréhension condensée de ces trois livres. Je félicite déjà et d’avance tous ceux qui s’intéressent à Saint Augustin

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