Peut-on en finir avec Eros ? Commentaire à partir des remarques de Barth contre Nygren

Ces notes prises sur le vif n’engagent pas l’auteur de la conférence.

Deux extrêmes à poser d’abord :

– Philippe Cormier, article « Jésus » dans le dictionnaire d’éthique et de philosophie morale. Jésus ne condamne pas la morale commune. Faire des contrats, aimer ceux qui nous aiment, principe d’égalité… L’éthique de Jésus pose le fondement d’une éthique universelle. Intuition de la justice qui reprend l’enseignement juif. Jésus aurait soutenu cette tendance universaliste dans le judaïsme, proximité du stoïcisme. Insistance sur la imse en pratique. Au fond, il faudrait retenir de Jésus, pour une éthique chrétienne, l’universalisme. Echo chez Paul : plus ni juif ni grec. Jésus comme pierre d’attente pour les Droits de l’Homme.

– Mandeville, la Fable des abeilles. L’amour est inconciliable avec l’affirmation de soi. Cela fait dire à Mandeville que le mariage est le manteau du vice. Dans le mariage, les partenaires cherchent quelque chose d’eux-mêmes. Mandeville en déduit une thèse célèbre : les vices privés font les biens publics.

Entre ces deux positions, Nygren et Barth doivent trouver leur place.

Quand Barth parle d’Eros, il prend soin de le définir d’une triple façon :

– Sexualité. Sens positif.

– Elan vital qui pousse non seulementà la joie mais à la rencontre d’autrui. L’épave d’une atlandide submergée. Référence immédiate à ce que dit Platon de l’amour. A la fois quelque chose d’extraordinairement positif et quelque chose d’extraordinairement raté.

– Ce sens est celui qui va occuper Barth et qui lui fait rejoindre Nygren. Eros comme affirmation de soi.

Pour Barth, on ne peut réconcilier l’Eros avec lui-même qu’à travers la christologie. Pas de chemin ascendant de l’amour vers Dieu. Nous n’aimons pas Dieu comme il nous aime. Nous nous découvrons comme dignes de a colère de Dieu mais aimés par lui.

L’Agapè est d’abord réponse, comme la foi, à l’initiative de l’amour divin. Barth voit là une évidence scripturaire qui ne l’est peut-être pas tant que cela. Celui auquel cette réponse s’adresse, c’est d’abord l’autre homme. L’Agapè est une forme de sacrifice.

Différences entre Barth et Nygren :

Dieu aime l’homme tel qu’il est cad avec l’Eros. C’est pourquoi il y a un point d’ancrage commun à l’éros et à l’agapè : l’homme réel aimé de Dieu. Si on voulait évacuer l’eros, cela reviendrait à reconditionner la nature humaine. Occulter quelque chose que Dieu a mis au centre de la nature humaine L’homme érotique est entre les mains de Dieu. Son érotisme ne sera pas confirmé, mais lui le sera. Si on voulait occulter l’homme érotique, on dénaturerait l’amour même de Dieu.

L’amour de soi fait partie du commandement de la vie. Il n’est pas blâmable. Ceres, ensuite la vie se heurte  la parole, et à la nécessité de vivre comme mon créateur veut que je vive.

« Tu aimeras le prochain comme toi-même » n’est pas une justification de l’amour de soi mais une limitation de l’amour de soi. Néanmoins, cette limitation doit être distinguée d’un anéantissement.

Le fait que les langues modernes unifient l’amour et l’agapè : n’est-ce pas le signe de l’unité des deux dans la nature humaine ?

Pour Nygren, le sujet de l’agapè c’est Dieu. Pour Barth, c’est Dieu quand Dieu aime, et l’homme quand l’homme aime. Référence à Calvin dans le Petit traité de la vie chrétienne. L’Agapè est une oeuvre humaine, elle m’est pas pure, bien qu’elle soit relative à la foi.

Barth taxe de position théomoniste la position de Nygren.

+ nier le soi conduirait à un retour du soi plus profond encore. L’amour chrétien est un amour libre, c’est quand le soi est indifférent qu’il peut aimer et le cas échéant, se donner. S’il pense é se nier : risque de ne pas être capable de se donner.

Barth n’estime donc pas que l’amour du prochain soit la seule forme d’amour de l’homme. D’autres formes d’amour humain + l’homme peut aimer Dieu. Pas une aberration érotico-religieuse. Il faut tenir compte du double commandement d’amour. Le premier est absolu, mais les deux sont semblables. Evidemment, le second est subordonné au premier.

Finalement, c’est le commandement de Dieu qui est capable de faire la synthèse entre Eros et Agapè.

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